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| Derrière le rempart |
21 janvier 2011
20 janvier 2011
10 janvier 2011
Théâtre idiot
La comtesse : (stupéfaite – au docteur) Mais comment faites-vous ? (le docteur a un petit geste de la main supérieur et méprisant)Le commandant : (s’est approché – les mains derrière le dos – s’inclinant) Madame la Comtesse, Docteur.
Le docteur : Bonjour Commandant.
La comtesse : Eh ! bien, Commandant, vous négligez vos passagers ?
Les pestiférés arrivent silencieusement, comme des fantômes et tournent autour des personnages.
Le commandant : Pas du tout, Madame la Comtesse, mais… (grandiloquent) conduire un navire au port est une tâche exaltante certes, mais aussi bien absorbante.
La comtesse : (petit rire) Oh ! oh ! Commandant, vous vous moquez !
Le commandant : (modeste) Mais si, mais si, je vous assure. (grandiloquent) C’est une passion toujours inassouvie que celle du marin risquant constamment sa vie pour son amour unique et exigeant : la mer !
La comtesse : (d’abord béate d’admiration, se ressaisit et balaye de la main) Oui, bon.
Le docteur : (grandiloquent) Pas de plus noble but, de chemin plus royal pour mener son âme au royaume des ombres.
La comtesse : Il s’y met lui aussi.
Le docteur : (grandiloquent) Et à l’heure solennelle où les comptes seront faits, lequel d’entre nous pourra dire, le cœur en paix, ce chemin semé d’embûches et de dangers impitoyables, je l’ai parcouru sans faillir ? Lequel d’entre nous, sinon le commandant de ce navire ?
Les pestiférés s’en vont progressivement.
Le commandant : (s’ébrouant) Oui, euh… on verra.
Le mousse : C’est tout vu.
Le commandant s’approche du bastingage, s’empare des jumelles et observe la mer.
Le docteur : Et bien ? Que voyez-vous ?
La comtesse : N’y a-t-il aucune terre en vue ? Pas le moindre îlot ?
Le commandant : (continuant à observer) Le marchand de journaux parle avec le coiffeur.
La comtesse : De quoi ?
Le commandant : Le coiffeur se recule pour laisser passer une dame sur le trottoir. Il a des ciseaux à la main. Le marchand de journaux lui montre quelque chose. On dirait des pointes, des vis plutôt. (brusquement) Qu’est-ce que c’est ? (il regarde au-dessus de ses jumelles) Ah ! une mouette !
Le docteur : Il y en a beaucoup ?
Le commandant : Des mouettes ?
Le docteur : Non, des vis.
Le commandant : (hésitant) C… cinq, peut-être six.
Le docteur : Cinq ou six ? (le commandant se tourne vers lui, interrogateur ) Voyons, c’est important.
Le commandant : (observe à nouveau) Six.
Le docteur : Vous êtes sûr ?
Le commandant : (affirmatif) Oui, six.Le docteur : (soulagé) J’aime mieux ça.
La comtesse : Est-ce que France-Soir est arrivé ?
Le commandant : Je ne le vois pas. (un temps – il baisse ses jumelles – regarde dans le vague par-dessus bord) Ça avait commencé comme ça pour le Titanic. (le mousse se redresse brusquement) Le coiffeur discutait avec le marchand de journaux, et puis l’iceberg est arrivé.
Le mousse : C’était pas un coiffeur, c’était un boucher.
Le commandant : Tais-toi quand je parle.
La comtesse : De toutes façons il n’y a pas d’iceberg ici, n’est-ce pas ?
Le commandant : (agressif) Et pourquoi s’il vous plaît ?
La comtesse : (intimidée) Mais… nous sommes près de l’équateur, non ?
Le commandant : Et alors ?
Fluctuat, fluctuat... (Anne Marbrun) (extrait 1)
8 janvier 2011
La chèvre et le loup
- Il se fait tard, dit le loup, nous recommencerons demain.
- Mais non, répliqua la chèvre, je ne suis pas fatiguée, je t’assure.
En bas, Monsieur Seguin bêlait comme un vieux bouc. « Blanquêêêtte ! »
- Tu vois, dit le loup, il t’attend.
- Laisse-le faire, le désespoir l’amuse.
- Bon.
Le loup se résigna. Il se lécha les babines pour essayer de saliver d’envie. Mais c’est difficile de faire semblant quand l’envie est passée.
La chèvre frottait l’herbe de ses petits sabots vernis.
- Qu’est-ce que tu attends ? Si je ne bouge pas, je vais avoir froid, moi.
Le loup la regarda par en-dessous. Celle-ci alors, jamais rassasiée.
Il prit son grand air méchant, babines retroussées, sourcils froncés, regard jaune impitoyable. Méfie-toi, petite, si tu en veux tu en auras. La chèvre regardait en sifflotant les sapins tellement majestueux avec leurs branches qui descendaient jusqu’à terre. Il détendit brusquement ses muscles bandés et arriva comme un boulet sur la distraite enfant. Sous le coup, elle roula dans l’herbe. Il en profita pour la mordre à l’encolure.
- Arrête, tu me fais la chatouille, dit Blanquette en se trémoussant.
Il serra plus fort les mâchoires. Le sang coula sur les poils blancs et soyeux.
Le vieil imbécile continuait à hurler son désespoir. « Blanquêêête ! rentre vite, petite, la nuit sera bientôt là.
- Cause toujours, fit Blanquette en se tenant les côtes.
Le loup qui l’avait lâchée prit un peu de recul pour mieux voir la nouvelle tache rouge qu’il venait de faire. Il était légèrement essoufflé mais ne voulait pas le montrer.
La chèvre se releva et essaya de lécher sa blessure mais elle n’arrivait qu’à se tordre le cou sans pouvoir l’atteindre.
- Ah ! Ah ! ricana le loup.
Et sa voix sinistre résonna sous la voûte des grands arbres.
- Tu parles ! dit Blanquette en haussant les épaules, même pas mal.
- Ca m’étonnerait, dit méchamment le loup entre ses dents luisantes.
La nuit tombait en effet. On entendit une chouette hululer et la brume commençait à monter de la vallée.
- Oh ! Oh ! bêlait Monsieur Seguin.
- Hi ! Hi ! répondait l’écho.
Le loup en avait vraiment assez cette fois-ci.
- Allez, dit-il, on remet ça demain, d’accord ?
- Tut, tut, fit l’insatiable. Je crois que tu vieillis, toi.
Le loup n’apprécia pas du tout.
- Tu l’auras voulu, grogna-t-il.
Et il se jeta à nouveau sur la chèvre avec la même violence. Il la saisit à la patte et la fit basculer dans les pâquerettes. Blanquette se débattait en gloussant. Elle m’agace, elle m’agace, se disait le loup dans sa tête de loup. La maintenant sous lui, il cherchait dans la fourrure blanche un coin bien sensible mais encore propre. Quand il l’eut trouvé, il serra si fort que le sang lui jaillit dans la bouche et qu’il en eut un grand écœurement, mais il ne lâcha pas. Blanquette gigotait en silence. Elle ne fait plus la maligne, se dit le loup, c’est bon signe.
- Ouh ! Ouh ! s’époumonait le vieil imbécile du fond de la vallée.
Blanquette cessa de gigoter. Elle était morte.
Anne Marbrun
- Mais non, répliqua la chèvre, je ne suis pas fatiguée, je t’assure.
En bas, Monsieur Seguin bêlait comme un vieux bouc. « Blanquêêêtte ! »
- Tu vois, dit le loup, il t’attend.
- Laisse-le faire, le désespoir l’amuse.
- Bon.
Le loup se résigna. Il se lécha les babines pour essayer de saliver d’envie. Mais c’est difficile de faire semblant quand l’envie est passée.
La chèvre frottait l’herbe de ses petits sabots vernis.
- Qu’est-ce que tu attends ? Si je ne bouge pas, je vais avoir froid, moi.
Le loup la regarda par en-dessous. Celle-ci alors, jamais rassasiée.
Il prit son grand air méchant, babines retroussées, sourcils froncés, regard jaune impitoyable. Méfie-toi, petite, si tu en veux tu en auras. La chèvre regardait en sifflotant les sapins tellement majestueux avec leurs branches qui descendaient jusqu’à terre. Il détendit brusquement ses muscles bandés et arriva comme un boulet sur la distraite enfant. Sous le coup, elle roula dans l’herbe. Il en profita pour la mordre à l’encolure.
- Arrête, tu me fais la chatouille, dit Blanquette en se trémoussant.
Il serra plus fort les mâchoires. Le sang coula sur les poils blancs et soyeux.
Le vieil imbécile continuait à hurler son désespoir. « Blanquêêête ! rentre vite, petite, la nuit sera bientôt là.
- Cause toujours, fit Blanquette en se tenant les côtes.
Le loup qui l’avait lâchée prit un peu de recul pour mieux voir la nouvelle tache rouge qu’il venait de faire. Il était légèrement essoufflé mais ne voulait pas le montrer.
La chèvre se releva et essaya de lécher sa blessure mais elle n’arrivait qu’à se tordre le cou sans pouvoir l’atteindre.
- Ah ! Ah ! ricana le loup.
Et sa voix sinistre résonna sous la voûte des grands arbres.
- Tu parles ! dit Blanquette en haussant les épaules, même pas mal.
- Ca m’étonnerait, dit méchamment le loup entre ses dents luisantes.
La nuit tombait en effet. On entendit une chouette hululer et la brume commençait à monter de la vallée.
- Oh ! Oh ! bêlait Monsieur Seguin.
- Hi ! Hi ! répondait l’écho.
Le loup en avait vraiment assez cette fois-ci.- Allez, dit-il, on remet ça demain, d’accord ?
- Tut, tut, fit l’insatiable. Je crois que tu vieillis, toi.
Le loup n’apprécia pas du tout.
- Tu l’auras voulu, grogna-t-il.
Et il se jeta à nouveau sur la chèvre avec la même violence. Il la saisit à la patte et la fit basculer dans les pâquerettes. Blanquette se débattait en gloussant. Elle m’agace, elle m’agace, se disait le loup dans sa tête de loup. La maintenant sous lui, il cherchait dans la fourrure blanche un coin bien sensible mais encore propre. Quand il l’eut trouvé, il serra si fort que le sang lui jaillit dans la bouche et qu’il en eut un grand écœurement, mais il ne lâcha pas. Blanquette gigotait en silence. Elle ne fait plus la maligne, se dit le loup, c’est bon signe.
- Ouh ! Ouh ! s’époumonait le vieil imbécile du fond de la vallée.
Blanquette cessa de gigoter. Elle était morte.
Anne Marbrun
4 janvier 2011
3 janvier 2011
Promenade
Sept hommes jeunes se promenaient, d’une maison ils s’approchaient.
Fleuris d’été, têtes enflées, flânaient en chœur, petit bonheur.
Un joli saule vint à baisser ses branches molles jusqu’à leurs pieds.
Tendre gravier, sous leurs souliers, cria de joie, se trémoussa.
De la maison firent le tour, en chantonnant des mots d’amour.
Puis s’enfilèrent par la serrure, se faufilant dans un murmure.
Sept petits lits couverts de fleurs les attendaient dans la tiédeur.
1 janvier 2011
Premier janvier
Mes résolutions du 1er janvier:
Je m'efforcerai de ne dire que des idioties
de ne peindre que des idioties
de n'écrire que des idioties.
Je m'efforcerai de ne dire que des idioties
de ne peindre que des idioties
de n'écrire que des idioties.
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