5 août 2011
9 juillet 2011
Jeu idiot
Les trois petits cochons
Sondage : Vous préférez : 1. les petits cochons
2. le loup
3. je m’en fous
4. moi aussi, c’était juste pour écrire une nouvelle idiotie.
Vous connaissez les trois petits cochons qui voulaient prendre le large et construire chacun sa maison. Le premier la fit en paille, le deuxième en bois, le troisième (un peu moins con que les autres) en briques. Et le loup, va que je te souffle et que je te resouffle et les deux plus crétins de se réfugier chez le troisième.
Bon, voilà le loup furibard de ne pouvoir faire s’envoler la maison en briques et se taper le petit salé qu'il avait mis à son menu. Alors il réfléchit et pendant que les trois petits cochons se payent sa tête il va s’enquérir d’une échelle et grimpe sur le toit. Ça finit mal pour lui puisqu’il descend par la cheminée mais tombe dans la marmite d’eau bouillante préparée pour sa venue et se pèle le derrière en hurlant sa rage de loup déchu brutalement de son statut de dominant.
Et alors ?
Imaginons un instant que le troisième petit cochon soit aussi bête que les deux autres et qu’il ait construit sa maison par exemple en fleurs de pissenlits, histoire de mettre une touche jaune dans le paysage. Le loup l’aurait soufflée comme les autres et se serait tapé le petit salé.
Et alors ?
Alors le happy-end aurait été pour le loup et tous les petits enfants du monde auraient sangloté en entendant cette fin cruelle.
Et alors ? C’est pas pire que la grand-mère dans le ventre de l’autre loup et on s’en est bien remis, non ?
Bon, voilà le loup furibard de ne pouvoir faire s’envoler la maison en briques et se taper le petit salé qu'il avait mis à son menu. Alors il réfléchit et pendant que les trois petits cochons se payent sa tête il va s’enquérir d’une échelle et grimpe sur le toit. Ça finit mal pour lui puisqu’il descend par la cheminée mais tombe dans la marmite d’eau bouillante préparée pour sa venue et se pèle le derrière en hurlant sa rage de loup déchu brutalement de son statut de dominant.
Et alors ?
Imaginons un instant que le troisième petit cochon soit aussi bête que les deux autres et qu’il ait construit sa maison par exemple en fleurs de pissenlits, histoire de mettre une touche jaune dans le paysage. Le loup l’aurait soufflée comme les autres et se serait tapé le petit salé.
Et alors ?
Alors le happy-end aurait été pour le loup et tous les petits enfants du monde auraient sangloté en entendant cette fin cruelle.
Et alors ? C’est pas pire que la grand-mère dans le ventre de l’autre loup et on s’en est bien remis, non ?
Sondage : Vous préférez : 1. les petits cochons
2. le loup
3. je m’en fous
4. moi aussi, c’était juste pour écrire une nouvelle idiotie.
4 juillet 2011
30 juin 2011
22 juin 2011
13 juin 2011
9 juin 2011
Théâtre absurde
Fluctuat, fluctuat (Anne Marbrun) Extrait 4
(le mousse va vers le bastingage, prend les jumelles et regarde un moment – les trois autres gardent leur attitude – le mousse regardant toujours se met à rire, d’abord doucement, puis de plus en plus fort)
Le commandant: (augmentant progressivement le volume de sa voix) Héééé là, qu’est-ce qui te faire rire moussaillon ?
Le mousse: C’est Adèle.
Le commandant: Adèle ?
Le mousse: Oui, l’employée du coiffeur. Elle parle avec le marchand de journaux sur le trottoir. Elle fait de ces mines! Je crois bien qu’elle veut le séduire. (à ces mots le docteur et la comtesse se sont levés d’un bloc)
Le docteur: (arrachant les jumelles des mains du mousse) Donne! (il regarde un moment puis les repose en haussant les épaules) Pff! Aucun intérêt.
Le mousse: (d’un air entendu) Ah! Je crois que vous n’avez pas bien regardé, Docteur. Adèle, la belle Adèle, mérite qu’on la regarde mieux.(le docteur est partagé entre le mépris et la curiosité) Vous voyez la main qu’elle a dans la poche de sa blouse… son poing est fermé… il n’est pas fermé sur le vide… Qu’est-ce qui peut bien tenir dans un poing fermé ?… (le docteur regarde à nouveau – la comtesse essaie de regarder aussi) Un objet petit, petit mais précieux pour qu’on le serre comme ça…
La comtesse: (au docteur – bas) Vous croyez que c’est ça ?
Le docteur: Taisez-vous.
Le mousse: Voyons, nous disions un petit objet… Une bille peut-être ? Non. Pourquoi Adèle aurait-elle une bille dans la main ? Alors… une lame de rasoir ? Non, ça la couperait. Une punaise ? Un sucre ? bonbon ? un caramel ?un nougat ? Une bague qu’elle veut offrir au marchand de journaux ? C’est peu probable. Une noix ? Une pièce ? Un bouchon ? Une capsule ? Une pointe? Une vis ? Un écrou ?
Le commandant: (se réveillant soudain et criant) Une vis ! C’est ça !
(tous se tournent vers lui)
Le mousse: Pourquoi ?
Le commandant: (désemparé) Euh… je sais pas, moi. Vous parliez de vis tout à l’heure.
Le mousse: On parlait de vis ? Qui parlait de vis ?
Le commandant: ( embarrassé) Mais… euh…
Le docteur: Vous dites n’importe quoi, Commandant.
Le commandant: Comment ?! mais…
La comtesse: C’est vrai, jamais personne n’a parlé de vis. Vous êtes ivre.
Le commandant: (scandalisé) Ah! ben, ça alors.
Le mousse: Ne lui en veuillez pas, c’est cette épidémie qui le rend bizarre.
Le commandant: (dans un sursaut) Épidémie ! Quelle épidémie ?
Le mousse: Vous voyez.
La comtesse: Il n’est pas atteint au moins ?
Le docteur: Non, la peste est une maladie physique.
La comtesse: (acquiesçant) Ah! oui. Lui, c’est plutôt…
(le mousse et le docteur acquiescent de la tête – ils prennent tous trois des airs entendus)
Le commandant: (se lève et va prendre les jumelles – dans ses dents) Ouais. Ouais, ouais. (les autres le regardent – il hoche la tête – le docteur ne peut cacher sa curiosité)
Le docteur: (s’approche, hésite, puis) Que voyez-vous ? (le commandant ne répond pas)
La comtesse: Vous voyez quelque chose, Commandant ?
Le commandant: (piqué) Vous savez bien que je suis un malade!
La comtesse: (mielleuse) Oh! Mais nous disions cela pour rire! (le commandant est peu convaincu)
Le mousse: Elle la lui a donnée, Commandant ?
Le commandant: Non, pas encore. Elle a toujours son poing dans sa poche. Ah! Ah! Il se passe quelque chose…
Le docteur: (attrapant les jumelles) Donnez ça.
Le commandant: ( ne cédant pas) Attendez, attendez… Le marchand de journaux sort son portefeuille… oui, c’est ça. Il l’ouvre, en sort… un papier ?
Le docteur: Un billet sans doute.
La comtesse: De combien ?
Le commandant: Il le tend à la fille. Elle sort sa main de sa poche, l’ouvre et fait voir au marchand de journaux ce qu’il y a dedans. Il regarde, prend la chose…
La comtesse: Mais qu’est- ce que c’est ?
Le docteur: Regardez, bon sang!
Le commandant: (toujours sur le ton descriptif) Il la met dans sa poche et se frotte les mains. Et voilà. Il a l’air bien content, ma foi. (il baisse les jumelles – au docteur, narquois) Eh! bien , Docteur, qu’y a-t-il ? Vous n’avez pas bonne mine. Oh! Vous filez un mauvais coton, vous.
Le docteur: (agacé) Oh! Ça suffit.
La comtesse: Mais enfin, vous n’avez pas vu ce qu’elle lui a donné ?
Le commandant: Non, pourquoi ?
Le docteur: (retrouvant son sang-froid) Ne vous inquiétez donc pas, Comtesse. Pourquoi attacher de l’importance à des gestes si anodins ? (il sort sa montre et la regarde) Allez, venez. Je crois que c’est l’heure de notre promenade.
(le mousse va vers le bastingage, prend les jumelles et regarde un moment – les trois autres gardent leur attitude – le mousse regardant toujours se met à rire, d’abord doucement, puis de plus en plus fort)
Le commandant: (augmentant progressivement le volume de sa voix) Héééé là, qu’est-ce qui te faire rire moussaillon ?
Le mousse: C’est Adèle.
Le commandant: Adèle ?
Le mousse: Oui, l’employée du coiffeur. Elle parle avec le marchand de journaux sur le trottoir. Elle fait de ces mines! Je crois bien qu’elle veut le séduire. (à ces mots le docteur et la comtesse se sont levés d’un bloc)
Le docteur: (arrachant les jumelles des mains du mousse) Donne! (il regarde un moment puis les repose en haussant les épaules) Pff! Aucun intérêt.
Le mousse: (d’un air entendu) Ah! Je crois que vous n’avez pas bien regardé, Docteur. Adèle, la belle Adèle, mérite qu’on la regarde mieux.(le docteur est partagé entre le mépris et la curiosité) Vous voyez la main qu’elle a dans la poche de sa blouse… son poing est fermé… il n’est pas fermé sur le vide… Qu’est-ce qui peut bien tenir dans un poing fermé ?… (le docteur regarde à nouveau – la comtesse essaie de regarder aussi) Un objet petit, petit mais précieux pour qu’on le serre comme ça…
La comtesse: (au docteur – bas) Vous croyez que c’est ça ?
Le docteur: Taisez-vous.
Le mousse: Voyons, nous disions un petit objet… Une bille peut-être ? Non. Pourquoi Adèle aurait-elle une bille dans la main ? Alors… une lame de rasoir ? Non, ça la couperait. Une punaise ? Un sucre ? bonbon ? un caramel ?un nougat ? Une bague qu’elle veut offrir au marchand de journaux ? C’est peu probable. Une noix ? Une pièce ? Un bouchon ? Une capsule ? Une pointe? Une vis ? Un écrou ?
Le commandant: (se réveillant soudain et criant) Une vis ! C’est ça !
(tous se tournent vers lui)
Le mousse: Pourquoi ?
Le commandant: (désemparé) Euh… je sais pas, moi. Vous parliez de vis tout à l’heure.
Le mousse: On parlait de vis ? Qui parlait de vis ?
Le commandant: ( embarrassé) Mais… euh…
Le docteur: Vous dites n’importe quoi, Commandant.
Le commandant: Comment ?! mais…
La comtesse: C’est vrai, jamais personne n’a parlé de vis. Vous êtes ivre.
Le commandant: (scandalisé) Ah! ben, ça alors.
Le mousse: Ne lui en veuillez pas, c’est cette épidémie qui le rend bizarre.
Le commandant: (dans un sursaut) Épidémie ! Quelle épidémie ?
Le mousse: Vous voyez.
La comtesse: Il n’est pas atteint au moins ?
Le docteur: Non, la peste est une maladie physique.
La comtesse: (acquiesçant) Ah! oui. Lui, c’est plutôt…
(le mousse et le docteur acquiescent de la tête – ils prennent tous trois des airs entendus)
Le commandant: (se lève et va prendre les jumelles – dans ses dents) Ouais. Ouais, ouais. (les autres le regardent – il hoche la tête – le docteur ne peut cacher sa curiosité)
Le docteur: (s’approche, hésite, puis) Que voyez-vous ? (le commandant ne répond pas)
La comtesse: Vous voyez quelque chose, Commandant ?
Le commandant: (piqué) Vous savez bien que je suis un malade!
La comtesse: (mielleuse) Oh! Mais nous disions cela pour rire! (le commandant est peu convaincu)
Le mousse: Elle la lui a donnée, Commandant ?
Le commandant: Non, pas encore. Elle a toujours son poing dans sa poche. Ah! Ah! Il se passe quelque chose…
Le docteur: (attrapant les jumelles) Donnez ça.
Le commandant: ( ne cédant pas) Attendez, attendez… Le marchand de journaux sort son portefeuille… oui, c’est ça. Il l’ouvre, en sort… un papier ?
Le docteur: Un billet sans doute.
La comtesse: De combien ?
Le commandant: Il le tend à la fille. Elle sort sa main de sa poche, l’ouvre et fait voir au marchand de journaux ce qu’il y a dedans. Il regarde, prend la chose…
La comtesse: Mais qu’est- ce que c’est ?
Le docteur: Regardez, bon sang!
Le commandant: (toujours sur le ton descriptif) Il la met dans sa poche et se frotte les mains. Et voilà. Il a l’air bien content, ma foi. (il baisse les jumelles – au docteur, narquois) Eh! bien , Docteur, qu’y a-t-il ? Vous n’avez pas bonne mine. Oh! Vous filez un mauvais coton, vous.
Le docteur: (agacé) Oh! Ça suffit.
La comtesse: Mais enfin, vous n’avez pas vu ce qu’elle lui a donné ?
Le commandant: Non, pourquoi ?
Le docteur: (retrouvant son sang-froid) Ne vous inquiétez donc pas, Comtesse. Pourquoi attacher de l’importance à des gestes si anodins ? (il sort sa montre et la regarde) Allez, venez. Je crois que c’est l’heure de notre promenade.
3 juin 2011
Jeu idiot
Pléonasmes
Tout le monde connaît monter en haut, sortir dehors... mais essayons d'en inventer d'autres.
s'assoupir en dormant
tabasser brutalement
un crétin de connard
Ce qui peut donner d'ailleurs: Après avoir tabassé brutalement ce crétin de connard, il s'assoupit en dormant.
Jeu: à vous d'en inventer.
30 mai 2011
Eléphant rose
Un éléphant se balançait
Cric-crac
Sur une assiette de faïence
Et comme ce jeu-là lui plaisaitCric-crac
Avec un autre il recommence
Et cric et crac
L’assiette est cassée
La pauvre assiette
Elle est en miettes
Les éléphants
Sont sur le flanc
Il faudra faire
Une civière
Pour ramasser
Les éléphants
Ran-tan-plan
Deux éléphants se balançaient
Cric-crac...
Qui a, comme moi, appris cette chanson bien idiote en colonie de vacances ?
22 mai 2011
Jeu idiot
Chose vue ( si, si )
C’est à vous de le dire.
C’est l’histoire d’une guêpe qui a perdu son self-control. Elle était en train de butiner sur les fleurs d’un réséda. Vous savez, ça sent fort un réséda, il y a même des gens qui craignent cette odeur. Elle butinait, butinait et dégringola d’une fleur sur une autre. Peut-être qu’il sentait trop fort ce réséda , je sais pas, moi. Trop fort pour une guêpe de petite taille (taille de guêpe) ou qu’elle avait trop butiné, toujours est-il qu’elle ne tenait plus debout et que tombant de fleur en fleur, elle finit par atterrir sur le balcon.
La voilà sur le dos, agitant ses pattes en l’air comme une vulgaire mouche.
- Guêpe, lui dis-je, reprends-toi. Sinon je vais être obligée de t’écraser pour que mon chat ne te mange pas.
Rien. Et que je te pédale dans le vide, et que j’agite mais ailes inutilement.
- Allons, guêpe, tu es ridicule. Oublierais-tu ton rang aristocratique pour te livrer à ces gesticulations si peu élégantes ?
C’est alors que j’entendis une toute petite voix, petite mais très claire, qui me disait : Va te faire foutre.
Craignant pour moi une sénilité précoce, je m’accroupis près d’elle pour vérifier la chose. Tandis qu’elle continuait à s’agiter sottement, j’eus l’impression qu’elle me regardait de travers, et que n’entendis-je pas alors ?
Si je te pique, tu rigoleras moins, vieille peau.
Je me redressai, tout de même un peu vexée (pour la vieille peau) et observai un moment les autres guêpes dans l’espoir, vain sans doute, de trouver une explication à ce mystère. Elles butinaient tranquillement le réséda, sans faire d’histoires.
Quand mes yeux se reportèrent sur l’agitée mal élevée… disparue. Elle avait disparu ! Et que croyez-vous qu’il se passât alors ?
La voilà sur le dos, agitant ses pattes en l’air comme une vulgaire mouche.
- Guêpe, lui dis-je, reprends-toi. Sinon je vais être obligée de t’écraser pour que mon chat ne te mange pas.
Rien. Et que je te pédale dans le vide, et que j’agite mais ailes inutilement.
- Allons, guêpe, tu es ridicule. Oublierais-tu ton rang aristocratique pour te livrer à ces gesticulations si peu élégantes ?
C’est alors que j’entendis une toute petite voix, petite mais très claire, qui me disait : Va te faire foutre.
Craignant pour moi une sénilité précoce, je m’accroupis près d’elle pour vérifier la chose. Tandis qu’elle continuait à s’agiter sottement, j’eus l’impression qu’elle me regardait de travers, et que n’entendis-je pas alors ?
Si je te pique, tu rigoleras moins, vieille peau.
Je me redressai, tout de même un peu vexée (pour la vieille peau) et observai un moment les autres guêpes dans l’espoir, vain sans doute, de trouver une explication à ce mystère. Elles butinaient tranquillement le réséda, sans faire d’histoires.
Quand mes yeux se reportèrent sur l’agitée mal élevée… disparue. Elle avait disparu ! Et que croyez-vous qu’il se passât alors ?
C’est à vous de le dire.
16 mai 2011
11 mai 2011
8 mai 2011
La grosse sirène
La grosse sirène était la dernière de la famille et elle avait déjà vu ses cinq sœurs monter à la surface de la mer. Il lui tardait d’avoir quinze ans pour pouvoir à son tour aller voir à quoi ressemblaient les hommes.
Ce jour arriva enfin et, pouf, pouf, de trois coups de sa grosse queue elle monta jusqu’à la surface et ses yeux émerveillés découvrirent un superbe voilier sur lequel on fêtait l’anniversaire du jeune prince. Dieu ! le bel animal, même s’il avait deux jambes. Mais voici que le temps se gâtât et qu’une tempête aussi violente que soudaine secouât le navire en tous sens. Le jeune prince aux deux jambes bascula par-dessus bord et s’enfonça dans l’eau noire. Hélas ! Aussitôt, pouf, pouf , la grosse queue de la grosse sirène ondula de toutes ses forces pour rejoindre le beau prince qui se trouva ainsi sauvé et déposé sur le rivage.
La grosse sirène dut retourner au château de son père, le roi de la mer, mais c’en était fait, son gros cœur était pris pour toujours.
Seulement voilà, comment séduire un prince à deux jambes quand on est une princesse à grosse queue La malheureuse n'eut d'autre recours que la terrible magie de la sorcière des mers. La vieille chameau accepta de transformer sa queue en jambes, mais exigea comme prix du breuvage magique que la donzelle lui donnât sa langue. Impossible désormais de parler et de chanter. Nantie de ses jambes toutes neuves, la grosse sirène remonta à la surface de la mer où elle retrouva le beau voilier et son beau prince. Elle y fut bien accueillie mais, devenue muette, elle ne put expliquer au prince que c’était elle qui lui avait sauvé la vie. Il ne lui restait pour le séduire qu’à danser et toujours danser, ses bourrelets tressautant gracieusement. Mais comme le lui avait prédit la sorcière, chaque pas était pour elle une torture, c’était comme si ses jolis gros pieds tout neufs marchaient sur des aiguilles de cristal.
Le prince l’aimait bien, mais pas assez et la grosse sirène savait que s’il ne l’aimait pas d’amour elle ne survivrait pas et serait transformée en écume de mer.
Et voilà qu’un mauvais jour on amena au prince une jolie princesse, avec de vraies jambes, pour qu’il l’épousât. Et pire encore, il en tomba amoureux et l’épousa tout à fait. Las ! Notre grosse sirène n’eut plus qu’à se jeter dans la mer où elle fut transformée en écume.
Toute une soupière d’écume.
4 mai 2011
1 mai 2011
26 avril 2011
Théâtre idiot
Résumé :
Sur une mer indéterminée et factice, au large ou auprès d’une terre fictive, quatre personnages : le commandant oisif et idiot, la comtesse veuve et nymphomane, le docteur pervers, le mousse sournois et insolent. Des pestiférés fantomatiques traversent de temps à autre le navire dans l’indifférence générale. Une confuse histoire de vis fait planer le doute sur la mort subite du comte.
Le docteur va faire un tour en ville et la comtesse en profite pour essayer de séduire le commandant. Celui-ci part en ville à son tour pour fuir la comtesse qui se rabat sur le mousse.
Le docteur va faire un tour en ville et la comtesse en profite pour essayer de séduire le commandant. Celui-ci part en ville à son tour pour fuir la comtesse qui se rabat sur le mousse.
La comtesse: Figurez-vous, mon cher,que notre docteur est très préoccupé.
Le docteur: (gêné) Mais non, mais non.
La comtesse: (au commandant) A cause de ce que vous lui avez dit tout à l’heure. (geste interrogateur du commandant) Au sujet des vis.
Le commandant: (réalisant) Ah! Les vis. (il se met à rire) Ah! Ah! Les vis. Ah! Ah! Ah!
Le docteur: (agacé) Et bien, quoi ? Qu’est-ce que cela a d’amusant ?
Le commandant: (s’arrêtant avec peine de rire) Oh! Rien. Non, rien.
La comtesse: Voyons, Commandant, faites un effort de mémoire. Combien en avait-il dans sa
main, cinq ou six ? (elle lui parle comme à un enfant- il a l’air de faire un gros effort) Cinq ou
six ? C’est très important.
Le commandant: (il semble réfléchir – on croit qu’il va répondre, puis subitement il traverse
le bateau très vite en montrant quelque chose du doigt) C’est elle ! La voilà, la voilà ! (la
comtesse et le docteur se regardent avec étonnement puis consternation)
La comtesse: On n’en tirera rien.
Le docteur: Sa débilité augmente de jour en jour.
Le commandant: C’est elle, je vous dis, Pégase! C’est Pégase!
La comtesse: Qu’est-ce qu’il dit ? Il voit des chevaux maintenant.
Le commandant: Mais non, Pégase, la constellation!
Le docteur: Bon, très bien, la constellation. Et alors ? Il n’y a pas de quoi faire un tapage
pareil
.
Le commandant: (vexé) Bon, bon, ça va. Je ne dirai plus rien. (pour lui) C’est pourtant autre
chose que les vis du marchand de journaux, mais enfin ! (il hausse les épaules – le mousse
arrive avec verres et carafe sur un plateau et se met à servir)
La comtesse: Ah! (le commandant boude – le docteur sort un cigare)
Le docteur: Allons commandant, ne boudez pas. (le commandant hausse les épaules)
La comtesse: Vous avez trouvé de nouveaux cigares ?
Le docteur: Oui, Comtesse. (il regarde son cigare, le sent, sceptique) Je ne suis pas sûr du résultat
.
Le mousse: (qui a fini de servir) Pégase est en vue.
Le commandant: (bondissant de sa chaise) Ah! Vous voyez !
Le docteur: (impassible) Et bien ?
Le mousse: (très important) Après Pégase ce sera Andromède, et après Andromède…
(geste de fatalité)
Le commandant: (très sombre) Et oui, après Andromède…
La comtesse: (au docteur) Vous comprenez quelque chose, vous ?
Le docteur: Commandant, vous laissez la parole à votre mousse à présent ?
Le commandant: (rêveur) Il sait aussi bien que moi ce que ça veut dire, Andromède.
La comtesse: (ironique) Il a de la chance !
Le docteur: Laissez, laissez. (pendant tout le dialogue suivant, le docteur et la comtesse
seront parfaitement indifférents)
Le mousse: (tenant toujours son plateau vide, regardant droit devant lui) Pégase, ça va
encore. Avec un peu de chance on peut s’en tirer…
Le commandant: (toujours assis, l’air absent) Oui, Pégase, c’est rien. Beaucoup d’autres l’ont
fait avant nous…
Le mousse: Il suffit de passer lentement, sans se faire remarquer….
Le commandant: Dès qu’on aperçoit Sirrah on arrête les moteur, on finit à la voile…
Le mousse; Oui, à la voile, ça passe. Mais Sirrah, c’est la fin de Pégase…
Le commandant: Et le début d’Andromède… (il soupire) Et alors là…
Le mousse: Vous vous souvenez , Commandant… l’année dernière… Eridan…
Le commandant ; (riant légèrement) Oui, Eridan…
Le mousse: On l’avait bien eue !
Le commandant : (rit un peu puis soupire) Ah! Ne parle pas de ça, allez.
Fluctuat, fluctuat (Anne Marbrun) Extrait 3
22 avril 2011
19 avril 2011
15 avril 2011
12 avril 2011
Pierre Peuchmaurd
| Il y a deux ans aujourd'hui mourait Pierre Peuchmaurd |
![]() | |||
| Au même moment paraît cette belle anthologie présentée par Laurent Albarracin et dont Pierre se faisait une joie. |
Vente en librairie ou commandes directes chez l'éditeur:
http:/les.vanneaux.free.fr
Éditions des Vanneaux
64 rue de la Vallée de Crème
60480 Montreuil-sur-Brèche
18 euros port compris
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